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OFFSCREEN 2026 : l'image sous toutes ses formes à la Salpêtrière

24 oct.
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 oct.


Présenté dans le cadre de la semaine de l'art à Paris, OFFSCREEN 2026 propose d'installer des œuvres contemporaines sous les voûtes de la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, offrant un contraste saisissant avec la mémoire des lieux

Bâtie sous Louis XIV au cœur d'un hospice pensé pour enfermer les pauvres, les indigentes et celles que l'on qualifiait alors de « folles », cette chapelle en croix grecque reste un symbole d'exclusion et de soin.

C'est dans cet espace à l'histoire si singulière que se tient la 5ᵉ édition d'OFFSCREEN. Fondé par Julien Frydman, cet événement prend le contre-pied des foires d'art traditionnelles : pas de rangées de stands commerciaux, mais un parcours d'exposition fluide où chaque galerie présente un seul artiste à travers un projet d'envergure. Le salon se consacre entièrement aux métamorphoses de l'image, qu'elle soit photographique, vidéo ou sculpturale.

Dès l'entrée, la déambulation s'ouvre sur une projection vidéo monumentale consacrée à la mer. L'œuvre « Garage - sometimes you can see much more » de Giovanni Ozzola s'amorce dans la pénombre : le mouvement de l'eau et la ligne d'horizon vont s’obstruer progressivement, comme le rideau métallique d'un magasin qui se referme posant un rythme contemplatif pour le reste de la visite.

En s'avançant sous les voûtes, le travail sur le corps et le geste prend le relais. Dans le chœur de la chapelle, six films de l'invitée d'honneur Ana Mendieta sont projetés, retraçant ses interventions éphémères dans la nature. Un peu plus loin, l'artiste canadienne Suzy Lake montre des images de son propre corps suspendu et manipulé comme une marionnette, interrogeant la soumission et le contrôle.

La matière elle-même devient le sujet chez plusieurs plasticiens. Laurent Millet bricole de petites constructions éphémères qu'il photographie ensuite, tandis que le Tchèque Josef Achrer utilise des plaques de verre et des pochoirs en chambre noire pour faire émerger la lumière du papier. Aglaia Konrad, de son côté, pose son objectif sur les carrières de marbre de Carrare pour révéler la trace de l'extraction humaine dans le roc.

D'autres récits s'appuient sur des objets détournés ou des fragments de mémoire. L'Ukrainienne Daria Koltsova reconstruit un kiosque habillé de vitraux aux motifs de cartes postales pour évoquer les paysages de son pays menacés par la guerre. Le Ghanéen Ibrahim Mahama assemble des archives et des visuels d'architectures imposantes pour aborder le passé colonial et le travail ouvrier. L'Irakien Adel Abidin, quant à lui, réinvente un artefact millénaire pour parler du conflit et de l'exil.

Le parcours laisse aussi une large place aux bricolages techniques et à la récupération. L'Anglais Steven Pippin va jusqu'à détruire ses appareils photo par un tir de projectile au moment précis où le cliché s'enregistre. Antony Cairns réutilise de vieux appareils numériques Sony des années 1990 pour faire défiler des vues nocturnes de Tokyo stockées sur de simples disquettes. L'Espagnole Marisa González fait quant à elle descendre du plafond une cascade de messages imprimés sortis d'un télécopieur suspendu.

Sans chercher le spectaculaire ni se perdre dans un discours trop abstrait, OFFSCREEN propose une traversée simple et directe, où la curiosité suffit pour découvrir des façons très différentes de fabriquer des images aujourd'hui.



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