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« L'Espace entre nous » Photographies de la collection Wilson au BAL

il y a 7 minutes
2 min de lecture

Installé dans une impasse discrète du 18ᵉ arrondissement parisien, LE BAL est une association créée en 2010 par Chantal Nedjib et Raymond Depardon et dirigée aujourd’hui par Diane Dufour. Ni musée national ni fondation privée, cette structure associative s'est imposée comme un lieu de référence consacré à l'image document : photographie, vidéo, cinéma et toutes les manières de raconter le réel.


Avec l'exposition « L'Espace entre nous », LE BAL propose un parcours original. Plutôt que de piocher quelques œuvres ciblées ou de monter une rétrospective classique, l'équipe a eu carte blanche pour plonger dans le fonds contemporain rassemblé au sein du Wilson Centre for Photography par Mchael et Jane Wilson. L'idée : dresser un panorama vivant d'une collection privée exceptionnelle pour explorer une question toute simple : quelle distance sépare celui qui tient l'appareil, le sujet observé et nous qui regardons ?


L'accrochage réunit des figures clés de la photographie des XXᵉ et XXIᵉ siècles — de Bruce Davidson à Francesca Woodman, en passant par Chris Killip, Rineke Dijkstra ou Tomoko Sawada. L'écrivain Bertrand Schefer a été sollicité pour analyser la façon dont chaque artiste s'immerge dans son sujet, s'en approche ou s'en protège. Ses textes accompagnent le visiteur tout au long de sa déambulation.


En complément de la visite, le livret « Paroles d'artistes » distribué au public apporte un éclairage direct et très humain. Loin du jargon théorique, on y lit les propos bruts des photographes qui racontent leurs expériences :


Weegee détaille le rythme fou des nuits néw-yorkaises, réglé comme une horloge entre faits divers, dépressions du matin et refus de photographier le désespoir ultime.


Danny Lyon explique ses quatorze mois d'immersion au milieu des détenus des prisons du Texas, où il a cherché à montrer leur quotidien sans se préoccuper de leur passé.


Graham Smith retranscrit sa rencontre poignante avec un ouvrier de haut-fourneau au Royaume-Uni, usé jusqu'à la corde par la poussière métallique mais effrayé par le chômage.


Susan Meiselas raconte comment elle a suivi des effeuilleuses dans les fêtes foraines américaines, gagnant leur confiance été après été jusqu'à monter elle-même sur scène, nue sous un imperméable, pour comprendre leur vulnérabilité.


John Coplans relate comment il s'est mis à photographier son propre corps vieillissant la nuit pour réapprendre à voir, découvrant que ses mains ou son dos devenaient des souches ou des sculptures.


Richard Learoyd décrit sa technique artisanale : une véritable chambre noire taille humaine où le papier reçoit directement la lumière du sujet, sans négatif ni retouche.


Une exposition accessible qui rappelle que la photographie n'est pas une question de technique, mais de positionnement face aux autres et au monde.


Exposition jusqu’au 3 janvier 2027




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