Biotopsie au Pavillon du Jardin des Plantes : Exposition entre laboratoire et pénombre

Présentée dans le cadre de la manifestation Automne Curieux, cette exposition collective rassemble les œuvres de sept artistes : Arnaud Caquelard, Thomas Cartron, Zélie Doffémont, Elena Groud, Albane Hupin, Laurent Martin et Lucía Peluffo. Ensemble, ils proposent une immersion unique dans un biotope artistique éphémère, questionnant l'art comme une véritable pratique du vivant.
Une fois à l'intérieur, le parcours se déploie en deux temps et deux atmosphères bien distinctes. On découvre d'abord une première partie portée par une installation sobre et lumineuse, avant de glisser vers la seconde zone, plongée presque totalement dans le noir, où l'expérience devient immédiatement plus théâtrale et mystérieuse.
Dès les premières étapes de la visite, le titre de l'exposition résonne avec une force particulière. Biotopsie est un mot-valise fascinant qui croise deux univers. D'un côté, le biotope, cet environnement naturel structuré où le vivant s'épanouit. De l'autre, la biopsie, cet acte médical d'auscultation, de prélèvement et d'analyse chirurgicale du tissu vivant. La démarche globale de l'exposition se situe précisément à la frontière de ces deux notions. Il s'agit d'observer l'art comme une matière organique, d'en faire le diagnostic en direct, tout en créant un écosystème interconnecté sous nos yeux.
Cette métaphore biologique et médicale s'incarne directement dans la scénographie. Les pièces exposées ne sont pas sagement accrochées aux murs du pavillon : elles contaminent l'espace et semblent s'installer sur des matériaux bruts pour mieux dialoguer entre elles. Dans la partie obscure de l'exposition, le travail d'Arnaud Caquelard apporte une tension captivante. En résonance directe avec l'idée d'autopsie que suggère le titre Biotopsie, ses créations instaurent une dimension légèrement morbide sans jamais basculer dans le choc gratuit.
Face à cela, la minutie du travail de Zélie Doffémont offre une respiration. Son approche pointilliste à l'encre est d'une précision chirurgicale qui fait directement écho à l'observation microscopique du projet. Des milliers de petits points s'agrègent pour faire muter des figures sous nos yeux, créant des créatures étranges et captivantes. La présence d'un véritable microscope au sein de l'exposition vient d'ailleurs prolonger cette auscultation du détail. De son côté, Thomas Cartron vient poser ses propres repères visuels à travers des photographies sur plaques de cuivre minutieusement travaillées, dont la matière et les reflets métalliques viennent enrichir et équilibrer l'ensemble.
Entre la sobriété de l'accrochage initial et l'immersion dans la pénombre, on déambule dans ce pavillon XVIIIe en ayant le sentiment de participer à une expérience d'un genre nouveau, à la fois poétique et clinique, où l'on ausculte la création contemporaine comme un organisme en pleine transformation.
L'exposition Biotopsie se tient du 29 octobre au 6 décembre au Pavillon du Jardin des Plantes, situé au 114 ter avenue des Martyrs de la Résistance à Rouen. L'entrée est libre et gratuite, idéale pour une parenthèse artistique au cœur du jardin des Plantes.



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