Laurence Panadero à Fontaine-Guérard : The Guardians of Earth
- Guillaume Bestaux
- il y a 5 minutes
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Née à Rouen, formée aux Beaux-Arts puis aux Arts appliqués, Laurence Panadero a longtemps travaillé entre Paris et Miami, où elle a vécu une vingtaine d’années. Elle y a développé une œuvre nourrie de mémoire, de transmission et de conscience écologique, attentive aux lieux et à ce qu’ils portent. Pour sa première exposition en France, elle est accueillie cet été à Fontaine-Guérard, où son travail trouve un terrain d’une rare justesse.
Dans la nef ouverte de l’abbatiale, ses œuvres se dressent comme une procession silencieuse, alignées dans l’axe de la lumière. Les grandes sérigraphies — nouveau geste dans son parcours — apportent une sensation d’apparition : des images qui ne s’imposent pas, mais qui respirent avec le lieu. Ici, le patrimoine ne sert pas de décor ; il devient un partenaire. L’ensemble prend une dimension presque rituelle, non pas religieuse, mais profondément humaine, comme une liturgie de ce qui reste debout.
Laurence Panadero, qui a présenté ses Guardians of Earth dans le monastère espagnol de Miami, retrouve à Fontaine-Guérard un dialogue similaire entre architecture ancienne et présence contemporaine. Dans la salle du chapitre, les encensoirs diffusent une fumée lente qui se mêle à la pierre. La fumée glisse, disparaît, revient : un souffle, une manière de rappeler que le monde respire encore. Dans ce cadre serein, cette respiration devient un langage — une alerte douce, une invitation à ralentir, à regarder autrement, à mesurer ce qui demeure fragile.
Un peu plus loin, les Sentinelles ne protègent rien : elles veillent. Dans les chapelles latérales, une sculpture dorée se tient dans la pénombre, éclairée par une ouverture étroite. La pierre brute, la lumière oblique, la verticalité de l’œuvre : tout crée un contraste puissant, presque sacré. Laurence Panadero dépose ici une présence qui semble habiter le lieu. Le contemporain ne s’oppose pas au patrimoine : il s’accorde, il s’ancre, il révèle ce que l’abbaye porte encore. C’est peut-être là que l’exposition apparait la plus juste : dans cette manière de faire dialoguer la fragilité du monde avec la permanence de la pierre.











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